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North Grand island Bridge, Niagara Falls, NY

1956: The Bridge Pier

"You'll have to come down eventually." the tall, young man called up to me.

I ignored him, and after a while he walked away and sat down on a boulder. I stared at the Niagara River and the icebergs floating on the water. Above me were the girders of the North Grand Island Bridge. I was sitting on top of the first pier of the bridge at the edge of the river.

It was a warm day in early Spring. I was ten years old and I had been out alone riding my bicycle that afternoon. Attracted by the river, I rode under the bridge, and looked up at its massive girders. The bridge was actually two parallel bridges, eight km above the famous Niagara Falls. It would be just a short climb up the first pier and I would be able to touch a girder.

Without further thought, I scrambled up the sloping rock face of the pier and found myself on a wide flat shelf, a perfect place to enjoy the sun. After a short while, though, a cool breeze blew from the ice jammed river. I decided to leave, but when I started back down, I couldn't find any foot holds. I became afraid of falling onto the sharp rocks at the base of the pier, so I returned to the top.

Sitting on the pier in the sun, I regained my calm and thought again about going down. I lay on my belly and looked down at the rock face of the pier, trying to find foot holds. I knew there were some I had used when I climbed the pier, but now I couldn't see them. Still, I had to get down, so once again I lowered my legs over the edge and used my toes to search for niches in the rock, but in vain. Once again I pulled myself back to the safety of the pier's top.

I explored the other sides of the pier for possible escape routes, but they were all vertical walls. I made several more attempts at descent, each time a bit more fearful, until finally I just sat there hugging my knees, hoping someone would help me.

After a while, the young man walked over to the pier and climbed up. He stretched his arms out wide and yawned hugely. He then effortlessly slid to the ground and returned to his rock, without a word.

"How did he do that?" I wondered. "He just sort of slid right down. That's it! He just slid down." And without any further thought, I slid down, using my feet not to hold me but only to slow me down. The young man smiled at me and left.

Standing on the ground, I looked again at the pier. It wasn't really all that high, only about three meters, but it had held me in terror for half an hour. "Humph!" I said with self disgust. In the next few minutes, I climbed it and slid down it three more times, just to prove to myself that I could do it.

When I was older, I crossed that bridge many times, in summer to go camping and in winter for ice skating. Always, when I saw that first pier, I remembered both my terror and my triumph. I also remembered a young man who taught by doing.


After reading this story, my sister said the young man had to be my guardian angle.

1956: La pile du pont

« Il faut que vous descendiez éventuellement ! » m'a dit le jeune homme.

J'ai fait semblant de ne pas le voir. Après un moment, il est parti et il s'est assis sur un grand rocher. J'ai dévisagé la grande rivière du Niagara et les icebergs qui flottaient sur l'eau. Au-dessus de moi, les poutres du pont North Grand Island formaient un grand arc. Je me suis assis sur la première pile du pont au côté de la rivière.

C'était une chaude journée en début de printemps. J'avais 10 ans et je faisais du vélo tout seul cet après-midi-là. Attiré par la rivière, j'allais par-dessous le pont et levais les yeux vers les poutres massives. Le pont était en fait deux ponts parallèles et se trouvait à huit kilomètres avant les célèbres chutes du Niagara. La montée ne serait pas longue pour atteindre la première pile et je pourrais peut-être toucher une poutre.

Sans hésiter, je suis monté sur la surface de pierre déclive et je me suis trouvé sur un plateau, un lieu parfait pour apprécier le soleil. Après quelques minutes pourtant, une brise rafraîchissante a soufflé de la rivière remplie de glace. J'ai décidé de partir, mais quand j'ai commencé à descendre je ne pouvais pas trouver où poser mes pieds. J'avais peur de tomber sur les rochers à la base de la pile, donc je suis retourné au sommet.

M'asseyant sous le soleil, je retrouvais mon calme et pensais à descendre une seconde fois. Je m'allongeai sur le ventre et je regardai la surface en pierre de la pile en essayant de trouver de la place pour mes pieds. Je savais qu'il y avait encore de la place, mais maintenant je ne pouvais pas en trouver. D'ailleurs, je devais descendre. Donc encore une fois je baissai les jambes sur le bord de la pile et me suis servis de mes orteils pour trouver des niches entre les pierres, en vain. Enfin, je remontai au sommet de la pile où je me sentais en sécurité.

J'explorai les autres côtés de la pile pour des pistes possibles de sauvetage, mais c'étaient des murs verticaux. Je tentai de descendre plusieurs fois, chaque fois un peu plus craintif, jusqu'à finalement que je m'assisse en serrant les genoux, espérant que quelqu'un m'aiderait.

Après un moment, le jeune homme est revenu jusqu'à la pile et l'a escaladée. Il a étendu les bras et a baillé énormément. Ensuite, il s'est laissé glisser aisément par terre et il est retourné à son rocher, sans mot dire.

« Comment a-t-il fait? » je me suis demandé. « Il s'était laissé glisser par terre en quelque sorte. C'est cela ! Il s'était laissé glisser par terre ! » Sans réfléchir, je me suis laissé glissé par terre aussi en utilisant mes pieds non pour me retenir comme je le faisais jusqu'ici, mais pour me ralentir. Le jeune homme m'a souri et il est parti.

Debout sur le sol, j'ai encore regardé la pile. Elle n'était pas très haute (trois mètres environ) mais elle m'avait terrifié pendant une demi-heure. « Hum ! » me disé-je avec un air dégoûté. Alors, je suis monté et je suis descendu de la pile trois fois encore pour me prouver que je pouvais le faire.

Quand j'étais devenu plus âgé, je traversais souvent le pont en été pour faire du camping et en hiver pour faire du patin à glace. Toujours, quand je regardais la première pile, je me souvenais de ma terreur et de mon petit exploit. Je me souvenais aussi du mystérieux jeune homme qui m'avait appris à le réaliser.


Après qu'elle a lu cette courte histoire, ma sœur m'a dit que le jeune homme devait être mon ange gardien.