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1967: A Young Man Finds His Calling

There was never any doubt that I would go to a Catholic college for men, even though there was a good state university in Buffalo. Dad gave me my choice of three schools. Niagara University was in the city of Niagara Falls where we lived, but I thought it was too close to home to justify living on campus, which I wanted to do. St. Bonaventure University was more than 75 miles to the south. It had a beautiful campus set in the Allegany Mountains, but I thought it was too rural and isolated. Canisius College, on the other hand, was in Buffalo, a much bigger city, only twenty miles away. It would be just far enough away that I could live on campus and enjoy a bit of independence. Moreover, Buffalo was also urban enough to be interesting.

I started out at Canisius as a Physics major. I had done well in math. and science in high school, and had read entirely too many science fiction novels whose heroes were "brilliant young physicists." I did well in Calculus and Physics during my first two years, but my grades were not really good enough for someone who wanted to become a physicist. All my dreams of becomming a scientist seemed unrealistic. Still, I could conceive of no alternatives, and therefore continued as a Physics major into the third year.

One class that I really enjoyed that year was Physics Laboratory. One experiment that I liked was measuring the charge on an electron. We used the oil-drop method of Robert Millikan. A small drop of oil was given a charge and the time to drop through a charged field was measured. We accumulated a lot of data over a series of experiments, and we could do the calculations to determine the charge on a single electron, but we really didn't know what to do with the variances in the data.

Dr. Lauffenburger, our professor, solved this problem. He said it was time for us to learn statistics, and further that we should write computer programs to perform the statistical analysis. We all looked at him dumbfounded. First, statistics was a whole semester course all by itself. Second, Canisius College didn't own a computer at that time. And third, none of us knew a thing about programming.

"Not a problem!" said the good doctor. On the blackboard he wrote the titles of a book on statistics and a book on the FORTRAN programming language. As for a computer, he had arranged for the use of the computer at SUNY Buffalo.

We all grumbled about this added work, but didn't have a lot of choice in the matter. For me, this project became more important that all the rest of my courses. After all the math I had learned, it was easy to learn statistics and FORTRAN by reading the books, but there were no books about designing programs, writing them, or running them on a computer. All of that took a lot of time, and once I got the program running, enhancing it in a variety of ways was irresistible.

Beyond a doubt, programming was the most interesting thing I'd ever done. Moreover, I'd met the IBMers who operated the IBM mainframe computer I had used. IBM had full time employees at the university, and they were always willing to help students if they had time. I was terribly impressed by these technicians. They wore gleaming white shirts and nice suits to work, and seemed to know everything about computers and programming. Speaking with them, I got the idea of a career in computer programming.

I had finally seen a vision of what my future might be, but first, I had to graduate from Canisius and it was clear that I wasn't going to make it in Physics. Fortunately, I had gotten to know Father Courneen, the chairman of the Philosophy department. He advised me to drop out of Physics and switch over to Philosophy. This was possible because everyone at Canisius had to take a lot of courses in Philosophy in addition to their major.

Still, though, a whole year of nothing but Philosophy was hard to take. Fortunately, Father Courneen was very lenient in setting up my program. I was allowed to take courses in American and Russian Intellectual History, a course in Philosophy and Psychology, and a course in the Philosophy of Science. There was also a course in Medieval Philosophy, which I hated and got hardly any of my time.

The only thing that really counted for me at this time was getting out of college with a degree, and getting on with my life as a programmer. However, in the years that followed, I continued to read widely in the areas of science, the philosophy of science and intellectual history. These subjects had, in their own way, an effect on my life and career, but I always regretted not becoming a "brilliant young physicist."

1967: Un jeune homme trouve son métier

Il n'y avait nul doute que j'irais à une université catholique pour hommes, quoiqu'il y eût une bonne université publique à Buffalo. Papa m'a donné le choix entre trois universités. Niagara University était dans la ville de Niagara Falls où nous habitions, mais je pensais que c'était trop près et que je ne pourrais pas habiter sur le campus, ce que je voulais. Saint Bonaventure University était à plus de deux cent kilomètres au sud et était doté d'un beau campus entre les montagnes Allegany ; mais je pensais que c'était trop rustique et isolé. Canisius College, d'un autre côté, se trouvait à Buffalo, une ville plus grande, à trente kilomètres de chez moi. Ce serait assez loin pour habiter sur le campus et pour être un peu d'indépendant. De plus, Buffalo était une ville assez urbanisée ce qui suscitait l'intérêt.

Ma matière principale à Canisius College était la physique. J'avais bien réussi en maths et en sciences au lycée et j'avais lu beaucoup de livres de science fiction dans lesquels l'héros était physicien « jeune et brillant ». J'avais bien réussi en calcul et en physique pendant les deux premières années, mais mes notes n'étaient pas assez bonnes pour quelqu'un qui voulait être physicien. Tous mes rêves de devenir homme de science semblaient mirobolants. Cependant, je ne pouvais pas penser à autre chose et j'ai continué à étudier la physique en troisième année.

Un cours que j'ai aimé cette année-là était les Travaux Pratique (TP) de physique. L'expérience consistait à mesurer la charge d'un électron. Nous utilisions la méthode de goutte d'huile de Robert Millikan. On donne une charge à une petite goutte d'huile et on mesure sa chute dans le champ électrique. Nous obtenions beaucoup de données pendant une série d'expériences et ainsi nous pouvions faire des calculs pour déterminer la charge, mais nous ne savions pas que faire avec les variations des données.

Le Dr Lauffenburger, notre professeur, a résolu ce problème. Il disait qu'il était temps pour nous d'apprendre les statistiques et aussi de concevoir un programme informatique pour analyser les données. Nous le regardions éberlués. D'abord, la statistique était un cours pour tout un semestre. Ensuite, Canisius College n'avait pas d'ordinateur en 1966. Et enfin, aucun de nous ne savait quoi que ce soit sur la conception des programmes.

« Pas de problème ! » : nous a dit le bon professeur. Sur le tableau, il a écrit les titres d'un livre de statistiques et d'un livre sur le langage FORTRAN pour faire des logiciels. Quant à l'ordinateur, il s'était arrangé à utiliser celui de l'Université de l'Etat de New York à Buffalo.

Nous râlions contre ce travail supplémentaire, mais nous n'avions pas le choix. Pour moi, ce projet devenait plus important que toutes mes autres études. Après les maths que j'avais apprises, c'était facile d'apprendre les statistiques et le FORTRAN en lisant les livres, mais il n'y avait pas de livres pour la conception des logiciels, leur écriture, ou leur exécution sur ordinateur. Tout cela demandait beaucoup de temps et après la mise en marche du logiciel, mais c'était irrésistible de chercher à le développer et à l'améliorer sans cesse.

Sans doute, la programmation a été la chose la plus intéressante que j'ai faite dans ma vie. De plus, j'avais rencontré les employés d'IBM qui faisaient fonctionner le serveur central que j'avais utilisé. La société IBM avait des employés plein-temps à l'université et ils étaient heureux d'aider les étudiants quand ils avaient le temps. J'étais très impressionné par ces techniciens. Ils portaient des chemises blanches et des costumes et ils savaient tout au sujet des ordinateurs et logiciels. En leur parlant, je pouvais me faire une idée de la carrière informatique.

J'avais trouvé mon métier, mais d'abord il était nécessaire d'obtenir mon diplôme et il était clair que je n'obtiendrais jamais un diplôme en physique. Ce semestre, j'avais négligé tous mes cours sauf celui de TP de physique. Heureusement, je connaissais le Père Courneen, le chef du département de philosophie et il m'a convaincu de changer ma matière principale. C'était possible, car tous les étudiants à Canisius College prenaient beaucoup de cours de philosophie en plus de leur matière principale.

Cependant, une année exclusive de philosophie était très difficile. Le Père Courneen était accommodant avec mes cours. Il me permettait de suivre des cours en histoire intellectuelle américaine et russe, en philosophie et psychologie, en philosophie et religion et en philosophie des sciences. Il y avait aussi un cours de philosophie du Moyen Age que je détestais et auquel je consacrais peu de temps.

En ce temps-là, la seule chose qui était importante pour moi était la fin de mes études universitaires et le début de ma carrière en informatique. Néanmoins, au cours des années suivantes, je continuais à lire des ouvrages de science, de philosophie des sciences et d'histoire intellectuelle. Ces matières avaient eu, de manière différente, un effet sur ma vie et ma carrière, mais j'ai toujours regretté d'avoir raté ma vocation de physicien « jeune et brillant ».